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89 mois : Prête à tout pour devenir maman

J’avais comme résolution bonheur de cette année de me remettre à la lecture. Pour le moment, je m’y tiens plutôt bien ! Je lis beaucoup d’ouvrages sur le développement personnel, et sur l’éducation bienveillante. Et dans tout ça, j’ai reçu l’épreuve d’un roman tout doux, tout frais, qui parle du désir focalisé, déraisonnable, incontrôlable de devenir maman : 89 mois, le premier roman de Caroline Michel (qui se cache derrière un blog que j’adore : Ovary).

C’est l’histoire de Jeanne, cette trentenaire célibataire qui se sent rattrapée par l’âge, par le temps, par cette foutue horloge biologique qui sonne et qui tambourine contre les tempes : le besoin de maternité. Rien n’y fait, personne ne peut la raisonner, lui dire d’attendre, elle a décidé de faire son enfant seule, un point c’est tout.

Je l’avoue, j’ai eu du mal à comprendre Jeanne. J’ai eu du mal à me mettre dans sa peau (probablement parce que je suis maman et que je n’ai pas eu le temps de me faire sonner par mon horloge biologique). Jeanne, je la trouve bornée, folle, parfois carrément too much, mais elle est si touchante, finalement. Tout ce qu’elle veut, c’est connaître le sentiment d’être mère, elle doit se demander quel goût ça a, et si ça sent bon la meringue. Et je dois dire que maintenant que j’y ai goûté, je la comprends, finalement.

Même qu’à la fin, Jeanne me manquait carrément.

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Après avoir littéralement englouti ce roman, je suis allée poser quelques questions à Caroline, son auteur :

1 – Pourquoi avoir choisi le thème du désir de maternité pour ton premier roman ?

Le désir de maternité m’a toujours questionné. A quinze ans, on rêve du prince charmant et on a envie d’avoir des enfants, c’est un acquis. Ils vécurent heureux et eurent une tripotée de mômes. En grandissant, ce désir se met parfois entre parenthèses : pas envie tout de suite, envie de profiter à deux… Mais parfois, il se met aussi entre parenthèses malgré nous, tandis qu’il continue de taper des pieds. On ne tombe pas sur l’homme qui nous donne envie de se reproduire, ou bien on ne tombe pas sur l’homme tout court. Ce que l’on croyait être un schéma de vie tout tracé ne se présentera peut-être pas comme tel. C’est de ça dont j’ai voulu traiterCette envie de fonder une famille, d’avoir un chien et une grosse voiture, face à la vie qui peut en décider autrement.

J’ai des amis célibataires d’une trentaine d’années qui n’ont pas nécessairement un désir de maternité bruyant, mais qui n’ont pas d’homme non plus. Elles s’interrogent : si le désir d’enfant débarque, l’homme ne débarquera pas forcément en même temps ? Alors comment faire ? C’est la grande question que se pose Jeanne au début de cette histoire. Elle rêvait d’une histoire classique et voilà qu’elle va devoir faire avec une pièce manquante au puzzle : l’homme. 

2 – A-t’il été facile ou difficile pour toi de te mettre dans la peau de Jeanne ?

Même si je n’ai pas un désir de maternité très prononcé, que je pense avoir le temps (un peu moins après avoir écrit ce roman !), je me suis facilement identifié à mon personnage. Je comprends parfaitement sa problématique, je peux y être confronté demain. Et moi aussi, je serai peut-être prête à tout pour tomber enceinte.

Se mettre dans la peau d’un personnage est un exercice courant en écriture et j’adore ça. C’est une mécanique : que pense Jeanne, ici et maintenant ? Que peut-elle bien répondre à cette remarque ? C’est de la projection, sans cesse. On connaît son personnage et on le fait évoluer selon.

Ecrire sur moi m’intéresse moins. Soit parce que la projection est trop simple, enfin n’a pas lieu, soit parce que finalement elle est trop dure : on ne se connait jamais vraiment, a-t-on envie de s’explorer et de confronter à ses chats noirs ?

3 – Un petit mot pour les désireuses d’enfant ?

Désirer un enfant, c’est la chose la plus naturelle au monde. Alors oui, sans homme et sur le territoire français, il y a des obstacles. Pour faire un bébé toute seule, il faut aller à l’étranger, en Espagne ou en Belgique, par exemple. C’est un coût, une véritable organisation. A moins de trouver un ami qui veut bien donner son sperme. Ou encore prendre des risques inouïs en couchant avec un voisin… Il existe des solutions, toutes ne sont pas « honorables ».

Partir à l’étranger à la rencontre d’une clinique, c’est médical, c’est « propre » mais c’est parfois long, laborieux. Coucher avec le voisin, pour certains, c’est irresponsable. Beaucoup de solutions donc, mais aucune solution évidente, simple.

Faire un bébé seule, c’est donc du boulot : matûrer son choix, supporter les remarques ici-et-là et trouver sa manière de faire. Mais encore une fois, c’est la chose la plus naturelle au monde et c’est un magnifique projet, soyez-en sûres ! 
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Ce roman m’a fait penser à toutes ces femmes qui désirent être mère et qui ne peuvent pas, que ce soit physiquement ou à cause de leur situation. Je ne peux qu’éprouver une immense compassion, je ne peux que leur souhaiter que cela s’arrange d’une façon ou d’une autre, et qu’elle puisse sniffer le crâne de leur bébé bientôt et connaître ce quotidien étrange, fascinant, déroutant qu’est la maternité.

En somme, un livre à mettre dans tous les sacs de plage cet été (ou sur les rebords de cheminée cet hiver). Je pense qu’il sera doux à chaque saison de l’année.

Foncez le dévorer : 89 mois de Caroline Michel

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À propos

Je suis Elodie, maman en garde alternée de deux petits bouts et Coach Sérénité. Après 30 années à me faire passer en dernier, j'ai ressenti le besoin urgent de me reconnecter à moi-même et c'est ce que je veux transmettre à mon tour. Je veux apporter de la sérénité et de la clarté dans la vie des femmes, les accompagner avec bienveillance vers un quotidien serein et aligné où elles ont du temps de qualité pour elles et la confiance nécessaire pour réaliser les projets qui les font vibrer.

0 petit mot on “89 mois : Prête à tout pour devenir maman

  1. Salut, merci pour cet article !
    Je crois que je vais foncer m’acheter ce livre parce que le « besoin » de maternité c’est exactement ce que je vis en ce moment !! Je rêve tellement de « sniffer le crâne de [mon] bébé bientôt » comme elle dit x)
    Enfin moi j’ai l’homme donc ça va c’est plus un problème physique pour ma part mais ça peut-être intéressant de comparer à d’autres !
    En tout cas merci encore pour ce super article !
    Bonne journée.
    Héli du blog jevoudraisunbb

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