J’ai traversé une dépression post-partum, et je ne l’ai réalisé qu’après.

Quand je suis rentrée de la maternité avec mon fils de 2 jours, je ne savais pas que j’allais connaître une descente aux enfers de 6 mois.

J’avais beau aimer ce petit être d’un amour infini depuis que la sage-femme me l’avait déposé sur la poitrine, je me souviens aussi de l’immense vide ressenti lorsque je suis arrivée à la maison avec lui. Complètement désemparée.

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Je me souviens que mon papa m’avait appelé le jour où nous étions rentrés, pour savoir comment je me sentais. J’avais failli fondre en larmes mais j’ai répondu que ça allait, et qu’il fallait qu’on prenne nos marques.

C’était vrai, bien sûr, mais je refusais surtout d’admettre qu’au fond de moi, j’étais terrorisée et que je voulais retourner auprès du personnel compétent à la maternité.

Je refusais d’admettre que je ne vivais pas un bonheur absolu, immense, infini. Comment pouvais-je ressentir autant de tristesse et de désespoir face à un événement si merveilleux ? J’avais honte. Honte d’être la mère de cet enfant qui méritait déjà tellement mieux… J’ai tant de fois eu envie de revenir en arrière. Pourtant je l’aimais, qu’est-ce que je l’aimais, mon tout petit.

« Je ne savais pas qu’un baby blues ne durait jamais plus de 15 jours. »

Je savais que la plupart des femmes traversaient un baby blues, notamment à cause du manque de sommeil soudain et de la chute d’hormones. Je me suis donc accrochée à cette étiquette de « je fais un petit baby blues » les 2-3 premiers mois qui ont suivi la naissance. Je ne savais pas à l’époque qu’un baby blues ne durait jamais plus de 15 jours.

Je me sentais si seule, si incapable. Je n’arrêtais pas de me répéter que je n’étais pas faite pour être mère, que je ne serais jamais à la hauteur, à sa hauteur. Comment une personne aussi banale et inutile que moi pouvait guider un petit bonhomme jusque dans sa vie d’adulte ? Et pourtant il me rendait si heureuse, ce tout petit bonhomme aux yeux en forme d’amandes, et je n’avais jamais eu si « chaud » dans mon cœur que lorsque je le regardais dormir.

Oui, cette grossesse a été une surprise, mais n’avais-je pas eu 9 mois pour m’y préparer ? Pour tout vous dire, je pensais que devenir parent était quelque chose de naturel et que ça ne s’apprenait pas.

C’est vrai que, d’instinct, on sait comment maintenir notre bébé en vie. Mais c’est à peu près tout. Tout le reste, ça s’apprend. Être parent, ça s’apprend en pratiquant, ça s’apprend en échouant, ça s’apprend en lisant, ça s’apprend en remettant en question nos croyances. Ce n’est pas inné, et moi je débarquais totalement. On peut avoir la fibre maternelle / paternelle, cela ne suffit pas à être parent. Et les bons conseils ne se transmettent pas de génération en génération, bien au contraire.

Chaque année, on en apprend un peu plus sur le cerveau de l’enfant et sur ce qu’il faut éviter de leur faire subir. C’est notamment cette quantité de nouvelles informations venant bousculer tout ce que je croyais qui m’a submergée au départ.

Tout ce que j’apprenais dans les livres de Catherine Gueguen, d’Isabelle Filliozat ou encore sur le blog de Papa Positive résonnait en moi comme LA bonne façon de s’y prendre. Mais cela me semblait tellement hors de ma portée… Il est clair que cela a joué dans ma dépression. Dans ce sentiment de ne jamais pouvoir y arriver.

« Ce n’est pas parce qu’on traverse une dépression post-partum que l’on n’aime pas son enfant. »

Les semaines et les mois ont continué de passer et mon mal-être perdurait. J’aimais mon fils à la folie. Je continue de le préciser car ce n’est pas parce qu’on traverse une dépression post-partum que l’on n’aime pas son enfant. C’est d’ailleurs cet amalgame qui fait que j’ai mis du temps à me confier sur ce sujet.

Je me sens encore parfois si coupable d’avoir ressenti de telles émotions face à mon nouveau rôle, face à mon bébé, je me sens encore si coupable que j’ose à peine en parler à haute voix. Surtout devant lui. Je ne veux pas qu’il croit que c’est de sa faute. J’aimerais pouvoir lui chuchoter la nuit quand je le regarde dormir qu’il a été le déclic à mon épanouissement personnel, et que je n’en serais jamais là aujourd’hui sans lui. Mais j’ai encore honte d’avoir éprouvé ce désespoir, ces envies de mourir…. alors je m’en garde, avec ce sentiment de ne jamais avoir vraiment été digne de lui.

La dépression post-partum n’est pas une science exacte. On ne sait pas tellement pourquoi certaines mamans y passent et d’autres pas. Ce que l’on sait, c’est qu’une femme avec une tendance à être déprimée aura davantage de risques de tomber dedans.

Ayant toujours connu des épisodes (sans gravité) de déprime plus ou moins sévères et ayant été quelqu’un de pessimiste pendant 20 bonnes années, je me suis simplement dit que ce serait désormais ça, ma vie : Une vague de joie intense en voyant mon fils grandir, rattrapée par la puissante descente qui me rappelle que je n’aurais jamais dû devenir maman. 1000 fois par jour. Mes doutes, mon sentiment d’incapacité à tenir ce rôle me bouffaient au quotidien. Pas un jour ne passait sans que l’idée de me jeter par la fenêtre ne me traverse l’esprit.

« J’ai réalisé que je ne voulais pas être cette maman dépressive et pessimiste. »

Cela a duré 6 mois environ. Je ne pourrais pas dire le jour où j’en suis sortie parce que ça n’a pas été radical et magique comme on sort un lapin d’un chapeau, mais je sais que petit à petit, j’ai pris confiance dans mon rôle de parent, même s’il m’arrive encore de penser que je suis une mère lamentable (le travail contre les croyances limitantes est long !).

Je n’ai réalisé qu’après – en apprenant qu’un baby blues ne dure jamais plus de 15 jours – que j’avais traversé une dépression post-partum.

Suite à cela, j’ai réalisé que je ne voulais pas être cette maman dépressive et pessimiste que j’avais été pendant tous ces premiers mois de la vie de mon fils. Je ne sais plus où j’ai lu que le bonheur des enfants dépendait de celui des parents, mais cela m’a été suffisant pour prendre en main mon développement personnel et commencer enfin à m’épanouir. Depuis, je dédie ma vie à conseiller, donner des outils et créer des plans d’action pour éviter aux femmes de tomber dans le burn-out ou la dépression.

Ceci n’est que mon expérience et elle n’est pas universelle. Si je devais donner quelques conseils pour mettre toutes vos chances de votre côté afin d’éviter une dépression post-partum, c’est de travailler votre optimisme dès aujourd’hui.

Développez votre optimisme, apprenez à être reconnaissant au quotidien, apprenez à lâcher prise ! Lisez, entourez-vous de gens bienveillants et positifs, commencez à déprogrammer vos croyances limitantes, … Cela commence par prendre 5-10 minutes pour vous par jour. Pensez-y !

Si j’ai réussi à le faire, vous le pouvez aussi ! 🙏❤

Et si par malheur vous êtes en train de traverser une dépression post-partum, ne restez pas seule. Je sais qu’on peut ressentir de la honte, beaucoup de honte et qu’en parler c’est avoir l’impression d’être une maman abominable… mais ce n’est pas le cas. Vous traversez une phase difficile, qui touche 10 à 20% des jeunes mamans. Vous avez le droit de vous faire aider, par un professionnel, s’il le faut. Mais ne restez pas seule, c’est important.❤

💡 Quelques ressources utiles

Vivre Heureux avec son Enfant* – Catherine Gueguen
Apprendre à lâcher prise* – Cécile Neuville
L’Allaitement* – Marie Thirion
Namatata – application de méditation guidée
Five Minute Journal* – développer sa gratitude
Miracle Morning* – Hal Elrod

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À propos

Mompreneur et Coach de vie (en formation) ayant traversé un burn-out et une dépression post-partum. J'ai décidé de consacrer ma vie à me réparer, à la quête de ma sérénité et à transmettre mes trouvailles, outils, plans d'action aux autres afin de leur éviter la surcharge mentale et le mal-être au quotidien.

6 petits mots on “J’ai traversé une dépression post-partum, et je ne l’ai réalisé qu’après.

  1. Marion

    Merci pour ce témoignage très touchant ♡

  2. J’ai vécu la dépression pp aussi…et pourtant moi je connaissais le nom, je savais que c’était pas un baby blues, mais j’ai pas su la reconnaître quand même tant j’étais au fond…les médecins pareil, il a fallu 4 mois entre ma première visite chez un médecin et le diagnostic. 4 mois où j’ai bien failli ne pas me rater…un médecin m’avait dit « si vous vous occupez de votre fils ce n’est pas une dpp »…grâce à la psychiatre j’ai enfin appris qu’il y avait autant de formes de dpp que de mamans…certaines ont besoin d’être éloignées de leur enfant pendant un temps sans qu’on leur colle une étiquette de mauvaise maman. moi au contraire j’avais besoin de lui alors je m’y accrochais…ça a vraiment duré 1 an, puis petit à petit c’est parti. je reconnais que pour bébé 2 j’ai forcément la crainte que ça arrive à nouveau même si ma psychiatre m’assure qu’il n’y a aucune raison que ça arrive à chaque fois…
    perso ce qui m’a fait le plus de mal c’est la non compréhension des proches, ça c’est dur

  3. On est tellement seule dans ces moments, et on parle si peu de ça, qu’on se sent anormale. Et pourtant…
    Ca m’a vaccinée de l’idée d’un deuxième d’ailleurs!

  4. Ton témoignage est très intéressant. Merci d’avoir vaincu un tant soit peu ta peur pour le partager et nous le livrer. On a beaucoup de chances. J’espère que ça aidera certaines mamans à se déculpabiliser et le jour où moi-même je serai maman si je le deviens, je garderai cela en tête.

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  6. c’est vraiment très courageux je vais prendre exemple sur vous

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